Hanotin, candidat permanent


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Le meeting de Laurent Russier annonçant sa candidature, le 8 février, n’a pas laissé indifférent son principal adversaire pour les municipales de 2020, le socialiste Mathieu Hanotin, qui s’est empressé de fustiger la candidature de son rival, jugée prématurée : « Laurent Russier 1er maire de France en campagne… Faut bien être 1er à quelque chose ! », s’est-il écrié sur Twitter. « Les Dionysien(ne)s méritent mieux que cette pantalonnade« , a-t-il-poursuivi, jugeant que Saint-Denis avait plutôt besoin d’un « maire à plein temps« . Hanotin a aussi envoyé son collègue Corentin Duprey pour enfoncer le clou : « A 14 mois de la prochaine élection municipale, le maire non élu Laurent Russier est déjà en campagne« , a twitté ce dernier. « N’a-t-il donc pas mieux à faire quand on connaît les problèmes de la ville ? »

 

Tout ça est marrant à plus d’un titre. Reprenons dans l’ordre.

Tout d’abord, entendre Mathieu Hanotin reprocher à quelqu’un d’être en campagne, c’est l’hôpital qui se moque de la charité. A 40 ans, Hanotin a été candidat a toutes les élections possibles : les cantonales, les municipales, les législatives… Et même les présidentielles en tant que directeur de campagne de Benoît Hamon ! Sur les réseaux sociaux, personne ne s’est privé de lui faire remarquer, d’ailleurs.

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La même remarque, qui s’imposait, est venue également de son propre camp, avec ce message d’Alice Rascoussier, ancienne suppléante d’Hanotin au Conseil général et actuelle élue au conseil municipal sur sa liste : « Loin de moi l’idée de défendre Laurent Russier sur ce sujet mais il  me semble que TOUS les hommes politiques sont perpétuellement en campagne… » Et d’ajouter en réponse à Corentin Duprey : « c’est bien pourquoi je suis contre le cumul des mandats dans le temps comme tu le sais. » Une petite pique à destination de son colistier Duprey, conseiller municipal à Saint-Denis, élu au conseil de territoire de Plaine Commune, et élu à la Métropole du Grand Paris ? Mais tout ça sans jamais être en campagne, bien sûr !

Tweet cumul Rascoussier

Pour revenir à Mathieu Hanotin, il a raillé aussi le meeting de Russier : « calicot, tract, slogan, tout y est !👏 » L’ennuyeux, c’est qu’on dirait presque une description de sa propre cérémonie de voeux, qui s’est tenue dans une salle de la Légion d’honneur bien remplie de militants locaux PS et Génération-s, au cri de « rendons possible un avenir meilleur pour #SaintDenis ! »

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Le meeting était annoncé par « Notre Saint-Denis », un « mouvement politique d’intérêt local » créé par Hanotin en mai 2018. Déplorant « l’échec de la majorité » dont « aucune action engagée ces dernières années ne laisse espérer l’ombre du début d’un changement d’ici aux prochaines élections municipales« , le mouvement entend bien au contraire « proposer une alternative » et organise une série de réunions publiques thématiques : « Ecrivons notre Saint-Denis. »

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La plate-forme, les tracts, les slogans… Tout y est. 👏

Mais non, Mathieu Hanotin n’est pas candidat. Mathieu Hanotin préfère attendre que ses adversaires se déclarent officiellement pour pouvoir les « clasher » sur Twitter, parce que c’est ça, la politique !

Ou bien, et c’est une autre hypothèse, peut-être que Mathieu Hanotin est un petit peu inquiet de se faire prendre de vitesse. Le départ canon de Russier ne va pas sans rappeler la campagne législative de Stéphane Peu qui avait démarré en sprintant et qui ne s’était jamais arrêté. La stratégie avait porté ses fruits, et onze mois après son meeting inaugural, le candidat PCF avait été élu député de la seconde circonscription face à Véronique Avril, candidate En Marche. Hanotin, lui, pourtant député sortant, avait échoué au premier tour… Bis repetita ?