Saint-Denis : le petit monde de Laurent Russier


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Laurent Russier, l’actuel maire de Saint-Denis, a lancé la campagne en vue de sa réélection aux élections municipales de 2020. L’annonce publique de sa candidature a eu lieu vendredi 8 février. Elle a été accompagnée de la distribution, dans les boîtes aux lettres, d’un quatre-pages intitulé « Vivons Saint-Denis en grand« , où Russier affirme avoir à coeur de « construire le rassemblement le plus large possible à gauche ». Cette profession de foi s’accompagne d’un « appel des citoyen.ne.s engagé.e.s pour l’avenir de Saint-Denis » en faveur de Russier, de sa « volonté de dépasser les partis, de sa détermination à unir toutes le forces nécessaires. » 300 personnes ont signé cet appel. Trois cents personnes, de loin, c’est impressionnant. Regardons-y d’un peu plus près.

D’abord, il y a les élus déjà en place, qui s’auto-soutiennent : Patrick Braouzec, Didier Paillard, Stéphane Peu, David Proult, Florence Haye, Jacqueline Pavillla, Suzanna De La Fuente, Elisabeth Belin, Cherifa Zidane, Hakim Rebiha, Zorha Henni, Fabienne Soulas, Raphaëlle Serreau, Delphine Helle, Mathilde Caroly, Asta Touré, Karim Boualem, Silvia Capanema.

Ensuite il faut ajouter les professionnels de la politique, élus ou candidats, jeunes ou anciens, proches de la mairie ou communistes. Par exemple : Julien Attal, responsable local du PCF, et son prédécesseur, Christian Descamps ; Guillaume Attencourt, collaborateur du groupe des élus Front de Gauche de Saint-Denis ; Nora Bachiri, candidate non élue aux municipales sur la liste de Didier Paillard ; Pilar Cano et Josiane Comet, anciennes élues PCF ;  Macit Aktas, ancien stagiaire auprès du maire-adjoint Kader Chibane ; El Hanafi Aouragh, colistier de Florence Haye aux cantonales ; Sofia Boutrih et Edwige Le Net, collaboratrices parlementaires de Stéphane Peu ; Dominique Sanchez, ancien collaborateur parlementaire de Peu ; Lucas Fournier, collaborateur parlementaire Front de Gauche ; Cécile Ravent-Mazel, collaboratrice de la sénatrice communiste Eliane Assasi…  Ou encore Mylène Cala, présentée comme « comédienne », mais qui est aussi membre de l’exécutif départemental du PCF au titre du Mouvement des Jeunesses Communistes. Il est vrai que « comédienne », ça fait plus « citoyen.ne engagé.e ».  Ca fait moins « vase clos ».

Dans la même catégorie, en un peu plus discret, vous avez les amis de la mairie stratégiquement placés dans l’administration de quelques-unes des associations les plus subventionnées par la Ville. Luc Fauchois, retraité des services de la Ville, qui vient de céder son siège de président de l’association « Suivez la flèche » à … Patrick Braouezec ! Ou Alice « Libertad » Kaci, militante communiste et membre du CA de la Maison de la Santé aux côtés de la maire-adjointe Elisabeth Belin. Ou Serge Berlemont qui côtoie, au conseil d’administration de Franciade, les élues Raphaëlle Serreau et Silvia Capanema. Ou Gilles Hénique, administrateur de Plaine Commune Habitat, et président de l’association « Communiquer à Saint-Denis » qui publie le Journal de Saint-Denis. Tout ce petit monde est signataire de l’appel en faveur de Russier, tout comme Wilfrid Lunel, président de PSD, la société qui édite ce même Journal de Saint-Denis ainsi qu’une bonne partie des publications municipales.

Ensuite, évidemment, il y a les employés de la Ville et de Plaine Commune. Nous en avons repéré une trentaine dont nous n’allons citer que les stars, les hauts fonctionnaires : Jacques Marsaud, ancien directeur général des services de Saint-Denis puis de Plaine Commune ; Nicole Rodrigues, conservatrice territoriale qui dirige l’unité d’archéologie ; Juliette Seydi, ancienne chargée de mission au cabinet du maire ; Dominique Brousse, responsable de la Maison de la vie associative ; Salah Khemissi, chargé de mission des pratiques artistiques à la Ville ; Gilbert Laporte, ancien directeur du Groupement d’intérêt public Médiation nocturne à Saint-Denis ; Amina Lombry, chef de cabinet à la ville de Saint-Denis ; Nicolas Laurent, chef de projet Centre-ville à la mairie…

Et puis, pour finir, vous avez les membres de la famille. Très important, la famille. Celle de Paillard à elle seule rapporte six signatures. Presque aussi bien que les Soucheyre, qui décrochent la timbale avec sept prénoms différents ! Au centre de la dynastie, Jacques Soucheyre, l’architecte qui a construit de nombreux programmes de logements publics et privés à Saint-Denis, est le père d’Aurélien Soucheyre, journaliste à l’Humanité, mais aussi le fils de feu Maurice Soucheyre, adjoint au maire, conseiller général, conseiller régional.

Au total, les personnes sus-citées – employés, amis de la mairie et leur famille – représentent plus de 25 % de la liste de « citoyens et citoyennes engagées ». Plus d’une personne sur quatre au bas mot a donc un lien de subordination, un lien familial ou un lien d’intérêt avec l’administration du candidat/maire Russier. Et encore, on ne compte pas les patrons des brasseries autour de la mairie qui ont signé !

Il n’y a rien d’illégal, ni d’amoral là-dedans. En revanche, faire passer une clique pour un grand « rassemblement fraternel, citoyen » qui « dépasse les partis« , c’est un peu hypocrite.

Le slogan de Laurent Russier : « Vivons Saint-Denis en grand » ? Vu d’ici, on dirait plutôt :  « Saint-Denis : un tout petit monde » !


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